Description
C’est un angle de rue comme le vieux Hanoï en compte tant, mais celui-ci concentre toute une manière d’habiter la ville. L’échoppe occupe le rez-de-chaussée d’une maison ancienne aux volets clos ; un arbre pousse au travers de la devanture, des lampions rouges s’accrochent aux rayonnages, et la marchandise déborde sur le trottoir en caisses et en présentoirs. Devant la boutique, on s’assoit pour bavarder ; des passantes s’attardent, un deux-roues stationne dans la lueur verte d’une enseigne. Au-dessus, les drapeaux frappés de l’étoile jaune ponctuent la rue de rouge. La photographie, prise de nuit, joue de ces sources mêlées — blanc chaud de l’échoppe, néons acides, façades éteintes — pour isoler un îlot de vie dans l’obscurité. Le commerce, ici, n’est pas un lieu où l’on passe : c’est une maison ouverte, où l’on vit en famille à hauteur de rue.





