Description
Il faut s’enfoncer dans la médina de Marrakech pour trouver ces allées d’artisans où le métal règne sans partage. Sous une charpente de tôle qui filtre le jour, les portes blindées noircies, couvertes de chiffres à la craie, alternent avec les murs ocre rose ; des lanternes, des grilles et des fauteuils en fer forgé attendent preneur devant les ateliers. Au centre de l’allée pavée, dans la seule vraie flaque de lumière, un homme accroupi se penche sur sa mobylette — geste ordinaire, absorbé, qui donne soudain son échelle et sa vie à tout ce décor de forge. La lumière tombe en oblique, accroche les pavés, laisse le reste dans une pénombre dense où l’œil découvre peu à peu mille détails : une affiche de footballeurs, un numéro de téléphone peint sur une porte, une seconde mobylette garée dans l’ombre. C’est une scène de travail sans pose ni pittoresque, saisie dans le respect de la distance — le souk tel qu’il s’appartient, quand personne ne regarde.





