Description
Le bassin d’Arcachon est une mer intérieure qui respire. Il ne communique avec l’Atlantique que par des passes larges d’environ trois kilomètres, entre la pointe du cap Ferret et la dune du Pilat. À chaque marée de vives-eaux, quelque 370 millions de mètres cubes d’eau y entrent puis en ressortent, et les deux tiers de sa surface se découvrent à basse mer. Sous ce va-et-vient, le sable ne tient jamais en place : le courant le sculpte en rides, en bancs et en dunes immergées — les sédimentologues parlent de dunes tidales — qui avancent avec le flot et reculent avec le jusant. Les marins connaissent ce relief changeant : depuis près de trente ans, le balisage de la passe nord est refait chaque année avant l’été, après un nouveau relevé des fonds.
La photographie se tient à la verticale de l’entrée du bassin, au large de Pyla-sur-Mer, un après-midi d’août 2021. Le sable et l’eau y composent une œuvre que personne n’a dessinée : des crêtes blondes, presque parallèles, qui se plissent comme une étoffe ; au-dessous, la ligne nette du chenal, où l’eau passe d’un coup du céladon à l’émeraude. Seule une petite embarcation, posée à la lisière de l’ombre, rappelle que ce paysage est réel, et qu’il est immense. À la marée suivante, le dessin aura changé de place.
Premier volet de la série Ondulations, qui regarde la même matière mouvante en trois états : le relief, la surface, la lisière.





