Description
La partie se joue au pied de quelques marches, sur un plateau posé à même le trottoir. Deux hommes accroupis s’affrontent au xiangqi — les échecs chinois, reconnaissables à leurs palets gravés — et, autour d’eux, le cercle s’est formé tout seul : un vieil homme les mains croisées dans le dos, cigarette aux doigts, une femme assise qui commente, des curieux qui sourient. Personne n’a rien organisé, et pourtant la composition est là, un anneau de corps penchés vers un carré de bois. Le noir et blanc efface les couleurs des maillots et des chaises en plastique pour ne garder que les postures, les regards, la géométrie de l’attention. C’est une scène que l’on retrouve chaque jour dans les rues de Hanoï : le jeu comme institution publique, gratuite et obstinée, où le temps se mesure en parties plutôt qu’en heures.





